Le Microphone Voyageur en français



À propos de la danse, des explorations interdisciplinaires et des gestes qui apportent de la joie, à travers le regard d’un artiste chorégraphique franco-roumain à Paris.
Ou… comment j’ai rencontré l’Homme – artiste, Daniel POP…

par Alla Stâncaru-Luncă


Une fine pluie de novembre tombait sur Saint-Germain-des-Prés. Je venais de sortir de la Librairie Polonaise, aux étagères chargées de livres précieux, parmi lesquels des traductions d’auteurs roumains. Devant moi, quelques personnes discutaient en fumant, et je demandais à un jeune homme comment rejoindre le Théâtre de l’Odéon… lorsqu’il me dit : « J’y vais aussi », et me proposa de faire le chemin ensemble.
Au milieu des pas pressés des passants sur les rues humides, il me dit : « Daniel POP ».
Je lui répondis : « Tu es sur ma liste d’interviews depuis longtemps » — sans que nous nous connaissions encore.
Il se retourna vers moi en souriant et, pendant un temps, nous nous retrouvions presque chaque jour aux événements du Festival Weekend de l’Est Paris – 9ᵉ édition.
L’entretien était sans cesse reporté, le temps semblait toujours trop court. Peu à peu, je découvrais non seulement un artiste remarquable, mais aussi un homme capable de transformer chaque petit geste en moment inoubliable.
Lors d’une rencontre précédente, alors qu’il répétait une performance danse-poésie-podcast avec Irina Maria Zimmerman — écrivaine, professeure d’allemand et yogini d’exception — Daniel m’offrit un micro (symbolique, ludique) et, avec un sourire chaleureux, me dit :
« Pour le Microphone Voyageur, je te souhaite beaucoup d’histoires. »
Un geste simple, révélateur de l’attention qu’il porte aux autres.
Un jour, nous avons enfin décidé de réaliser l’entretien… nous nous connaissions déjà un peu.
Il m’invita à un chocolat chaud, dans un lieu superbe que je découvris dès mon arrivée. Nous traversâmes le Pont des Arts, ce pont élégant au-dessus de la Seine, dont les garde-corps semblent capter la lumière et rassembler toutes les histoires d’amour et d’art de Paris. Chaque pas sur le bois humide était une invitation à ralentir et à la magie.
Daniel POP m’attendait devant un hôtel boutique, dans une rue au nom artistique… Il me montra deux plaques commémoratives : l’une dédiée à Jorge Luis Borges, l’autre à Oscar Wilde. Tout l’endroit semblait habité par l’esprit de ces grands créateurs.
À l’intérieur, le thé et le chocolat chaud ne furent que le début d’une conversation sur la danse, les formes, les idées et ces gestes qui rendent les gens heureux.
Pour ses amis, il est capable de prendre un avion à toute heure, de Paris à Bucarest ou vers un autre coin du monde, pour assister à un lancement de livre ou à un concert.
Pour lui, l’âge ne compte ni dans l’amitié, ni dans les relations, collaborations ou liens humains. J’ai appris beaucoup à ses côtés, bien qu’il soit — hélas — bien plus jeune que moi. Une preuve de plus que l’on peut apprendre à tout âge, de n’importe qui.
Sachons nous réjouir de leur présence.
Né en Transylvanie, à Târgu-Mureș, Daniel a poursuivi son rêve jusqu’à Paris, mais son parcours artistique est profondément international. Il a vécu à Buenos Aires, en Argentine, où il a étudié la danse moderne et exploré de nouvelles formes d’expression. Son mentor et chorégraphe, le maître de la danse universelle Gigi Căciuleanu, lui a transmis sensibilité et exigence technique.
Il n’a jamais oublié ses racines. Chaque année, il retourne en Transylvanie, au cœur des villages de son enfance, où il organise des camps et des résidences artistiques. Artistes nationaux et internationaux, étudiants en écoles d’art et habitants locaux travaillent ensemble au sein de communautés rurales, partageant idées, da…

Lasă un comentariu